Rapport UFC Que choisir, rénovation énergétique 2014 et 2016


Des artisans du bâtiment qui n’ont toujours pas fait leur transition génétique pour répondre à la transition énergétique

« En 2014, l’UFC-Que Choisir publiait une étude sur la rénovation énergétique des maisons individuelles. Cette étude reposait sur une enquête consistant à tester les propositions de travaux de rénovation énergétique faites par les professionnels du bâtiment venus visiter nos 5 maisons tests réparties sur le territoire. Les résultats catastrophiques avaient montré que seul un professionnel sur les 23 testés avait fait des propositions de travaux satisfaisantes.
Deux ans après, suite à la mise en œuvre de la loi Transition énergétique pour la croissance verte voté en 2015, censée renforcer la dynamique de rénovation des logements, l’UFC – Que Choisir a renouvelé cette enquête avec un test plus large qu’en 2014 (10 maisons et 42 professionnels testés) afin de vérifier si la situation s’est réellement améliorée.
L’enjeu est économique, avec des dépenses annuelles pour les consommateurs d’environ 16 milliards d’euros pour la rénovation énergétique et de presque 49 milliards pour l’énergie du logement, mais aussi environnemental, car le secteur résidentiel représente environ 20% des émissions de gaz à effet de serre en France.
Malheureusement, cette nouvelle enquête montre qu’encore aujourd’hui, aucun professionnel n’est en mesure d’apporter une solution de travaux de rénovation énergétique qui soit à la fois globale, cohérente et performante. En conséquence, les travaux proposés ne permettraient en moyenne que 27 % de baisse de la consommation d’énergie sur les maisons testées, avec des prix qui dépassent souvent l’entendement : jusqu’à 185% de plus par rapport aux prix constatés pour les professionnels les plus efficaces.
Cette enquête a également montré que de nombreux professionnels prenaient des libertés quant à la rédaction des devis, alors qu’ils sont clairement codifiés, ou encore avec les allégations de performance après travaux, qui ne sont que rarement justifiées.
Enfin, comme pour l’enquête de 2014, la majorité des professionnels étudiés ne donnent qu’une information minimale et générique sur les aides au financement et ne se livrent à aucun conseil financier personnalisé, ne détaillant pas les montants d’aides auxquels le ménage peut prétendre.
Pour lever les freins à la rénovation énergétique et relever le défi de la transition écologique du logement, il est nécessaire de recréer un cadre juridique qui responsabilise les professionnels et qui permette aux consommateurs de ne pas porter entièrement les risques. Sinon, les objectifs ambitieux que la France s’est fixée ne resteront que des vaines promesses. Pour cela, l’UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à reprendre la main sur le dispositif RGE, en renforçant la formation et les contrôles, pour lui donner un véritable sens. Elle propose, pour accompagner les consommateurs tout au long de leur projet, de faire émerger une profession «d’architecte-énergéticien » capable d’avoir une approche globale de la rénovation énergétique.
Enfin, dans un secteur traversé par des scandales réguliers, l’instauration d’un cadre juridique clair qui responsabilise les acteurs (artisans, sociétés de crédit, consommateurs, etc.) reste le seul moyen pour restaurer la confiance nécessaire au développement du
marché. C’est pour cela que l’association demande que les allégations des professionnels portant sur la baisse de la consommation d’énergie leur soient opposables. »

Rapport UFC rénovation énergetique 2014

Rapport UFC rénovation énergetique 2016